J’ai récemment vu passer un message d’Éric Shelley passer sur Facebook et ça a piqué ma curiosité: Comment se fait il qu’un des lutteurs les plus promoteurs des années 90 soit complètement disparu de nos rings depuis des décennies?

Pour ceux qui l’ignorent, Éric est le fils de Len « Kojack » Shelley, un lutteur québécois très célèbre dans les années 70 et 80. Éric a pour sa part déjà lutté à Monday Night Raw en plus d’être le lutteur le plus populaire de la FLQ quand j’ai commencé à suivre la promotion. Le jeune Shelley entrait sur la chanson Jump Around et sous les cris des nombreuses jeunes dames qui l’adoraient.

Éric a gentiment accepté de me parler de tout son parcours dans la lutte professionnelle et aujourd’hui il me fait plaisir de partager avec mes lecteurs tout ce que j’ai appris durant cette fascinante discussion.

Monsieur Divertissement: Ton père étant lutteur, as tu toujours rêvé de devenir lutteur toi aussi?

Éric Shelley: Oui, dès mon jeune âge, je savais que je voulais suivre ses pas. Mes parents, sourtout mon père, m’ont inscrit dans plusieur sports. C’était important pour lui les sports. Mais oui, sourtout en regardant la lutte la fin semaine à la télé et le voir me donna vraiment le goût de faire pareil.

Mr D: Allais tu avec lui parfois, ou c’était surtout à la télé que tu le voyais en action?

Éric: Quand il était ici au Québec, j’avais la chance qu’il m’amenait souvent. J’ai des beaux souvenirs qu Centre Paul Sauvé et les autres shows, j’allais souvent dans le vestiaire. J’ai vu André le Géant, Hulk, les Road Warriors, Gino, Dino , Rick Martel, Mad Dog Vachon… Jeune je me souviens que Gino Brito et sa femme venaient manger à la maison.

Mr D: Quand ton père partait sur la route lutter dans d’autres territoires, à Portland par exemple, déménagez vous avec lui ou vous restez au Québec?

Éric: Quand il allait dans les autres territoires, ma mère le suivait. D’ailleurs, c’est à Portland que j’ai été conçu et ma mère voulait accoucher à Montréal. Après ma mère restait à la maison avec moi.

Mr D: Est-ce que tu trouvais ça difficile d’être le fils d’un lutteur?

Éric: Non, au contraire! Je l’ai pris de manière constructive; ça m’a poussé à être le meilleur de moi même. Mon père et moi s’entraînions ensemble avant que je lutte et nous avons continuer très longtemps après. Dans ma vie de tout les jours, beaucoup de monde me connaissait à cause de mon père et avait toujours du bon à me dire. Donc en général, ça a été facile et bénéfique.

Mr D: C’est ton père qui t’a entraîné pour être lutteur? J’ai l’impression que tu parles plus d’entraînement physique en général.

Éric: Exact, on a commencé quand j’ai eu 14 ans au gym pour le hockey, mais suite à ça oui mon père a été mon entraineur dans le ring. On voyageait ensemble, donc j’ai eu beaucoup de psychologie du ring en retournant à la maison les soirs de galas.

C’est à cet âge là aussi que j’ai commencé à a aller au Centre Paul Sauvé. J’ai monté dans le ring pour les premières fois pour prendre des bumps. Et suite à ça mon père a vraiment commencé à m’entrainer pour la lutte.

Mr D: Étais tu au courant de l’aspect prédéterminé de la lutte quand tu as commencé à t’entrainer pour devenir lutteur?

Éric: Mon pere m’a garder kayfabe (dans le secret) jusqu’à environ 14 ans. Il m’a dit avoir peur de me décevoir loll! Mon père étais de ceux de la vieille école qui gardait ce secret très précieusement.

Mr D: J’ai lu des histoires de lutteurs qui ne savait pas encore que c’était prédéterminé lors de leur premier match. C’était un monde différent. Le secret est maintenant sorti du sac et c’est bien dommage à mon avis. Il y a quelques fans qui y croient encore, les enfants entre autre, et c’est tellement beau de voir leur enthousiasme! Es tu nostalgique de cette époque, celle où régnait le kayfabe?

Éric: Oui, car le show était plus convaincant versus aujourdhui où c’est plus le spectaculaire qui domine. C’est beau à voir, mais en à une autre époque c’était magnifique à voir les gens qui croyaient vraiment aux heels et aux babyfaces. J’adorais quand mon père m’expliquait les émeutes qu’il a causé avec la psychologie de la lutte.

Mr D: Pourrais tu nous raconter une ou deux anecdotes de ton père? Les émeutes ou n’importe quoi. J’étais trop jeune pour le connaître.

Éric: Je me souviens d’une fois qu’il luttait masqué contre Gino Brito à l’extérieur dans un cartier italien et il ne faisait pas beau. Il mouillassait dehors. Bref, durant le combat, Gino a commencé à saigner et mon père ne le lâchait pas.

Quand ça s’est terminé, les gens avaient des parapluies et ont essayer de poignarder mon père, mais avec la sueur et la pluie ils ne réussissaient pas; ça glissait sur son corps, mais ça lui faisait mal pareil.

Il s’est rendu vers la chambre quand un spectateur est venu pour lui casser une chaise dessus. De mémoire, c’est Johnny War Eagle qui l’a bloqué avec son bras et ça lui a fracturé le bras. Mon père s’est écroulé dans la chambre sans trop de dommage lolll!

Il y en a d’autres, mais à part de savoir qu’il en a dû être escorté par la police, je ne me souviens pas de tous les details.

Mr D: J’ai vu un combat sur YouTube hier contre Gilles the Fish Poisson, datant de 1987. C’était excellent! Le surnom Kojak vient d’une ressemblance avec Telly Savalas?

Éric: Lolll! Ça c’est quand il a fait son retour; il n’était pas à son meilleur. Kojak a été débuté au Japon à cause de la resemblance à Telly Savalas. Avant les matchs, il donnait des suçons aux jeunes fans car Kojack avait toujours un suçon à la télé.

Mr D: Luttait il encore régulièrement quand il t’a entraîné pour devenir lutteur?

Éric: Non, malheureusement il avait pris sa retraite, mais une fois que j’étais prêt j’ai eu la chance de lutter avec mon père en équipe. Des beaux souvenirs ça!

Mr D: Quand tu as appris que la lutte c’était prédéterminé, est ce que ça t’a déçu comme ton père craignait? Ou tu trouvais ça super impressionnant pareil?

Éric: Ça m’a soulagé un peu je dirais, car quand j’étais jeune ma mère m’a menacé de ne plus m’emmener au Centre Paul Sauvé si je me fâchais trop! Et oui j’étais encore plus impressionné à voir comment on pouvait faire croire en la lutte comme de la magie; ça a l’air vrai, mais ce l’est pas. C’est là que mon père a vraiment voulu me montrer son art; j’ai passé des heures à paufiner mon langage corporel pour être plus convaiquant.

Mr D: Dirais tu que l’entraînement fut difficile vu que tu voulais tellement bien faire pour impressionner ton père?

Éric: C’est sûr que oui, mais mon père me disait voir dans moi un gros potentiel et que j’étais un naturel à la lutte. Mes premières bottes de lutte étaient celles à mon père, il me disait cest les boots qui travaillaient lolll!

Mais j’ai été chanceux car c’est pas tout le monde qui ont un entraineur 24/7. Je me souviens d’avoir pratiqué mes coups de poing pendant des heures en face du mirroir et de côté pour frapper sur un oreiller plié sur le dos d’une chaise, pour que je le touche et avoir l’air convaiquant sans blesser mon adversaire. Disons que mon père a mangé bcp des patates en masse à mes débuts hahaha!

Mr D: J’adore que tu nous donnes des détails, on peut vraiment visualiser ce que tu racontes. Combien de temps s’est écoulé entre le début de ton entraînement et ton premier combat dans le ring? Et tu avais quel âge à ce moment là, lors de ton premier match?

Éric: Les premier bumps que j’ai pris étaient au Centre Paul Sauvé dans les après-midi avant le galas du soir quand j’avais plus ou moins 14-15ans. Mais ça a commencé a être sérieux vers vers 16-17. Je me souviens d’avoir été aux Loisirs St Jean Baptiste et que mon père m’entraînait avec un nommé Robin.

Je crois c’est là que j’ai connu les frères Gray et par la suite on allait souvent chez Ludger Proulx et c’est là que tout a vraiment commencé. Mon père a longtemps dit « Non, pas encore » à Ludger, car pour lui je n’étais pas prêt. Mon père a toujours été très perfectionniste pour son Art, donc il était important que je sois prêt. Car à part des bump et des moves, il y a la psychologie, quand vendre, mais pas trop pour mourir, quand faire un petit comeback et quand faire le pop de la crowd!

Wow! J’ai des flash de mon premier match chez Ludger. C’était avec mon père et il me disait « Ok Éric, Comeback now loll!

Il me guidait dans le ring. Tu me fais ressortir des beaux souvenirs, merci! Donc javais probablement près de 18ans mon premier vrai combat.

Mr D: Ce premier match a eu lieu à la ICW?

Éric: Exactement, c’est là où j’ai commencé.

Mr D: As tu lutté exclusivement longtemps à la ICW? Si oui combien de temps? Et as tu des histoires sur ton passage à la ICW en général?

Éric: J’ai probablement été là environ 1 ou 2 ans, car ludger voulait que je sois exculusif à son organisation. Mon père n’était pas d’accord, car je devais lutter le plus possible et contre beaucoup plus de gens pour prendre de l’expérience. Donc j’ai été à Terre-Neuve faire une tournée pour Sailor White avec plusieurs lutteurs d’ici comme Richard Charland, le prisionnier Serge Rolland, Tiger Jackson…

Mr D: As tu des souvenirs de la tournée à Terre-Neuve et de Sailor White? Ça semble être tout un numéro!

Éric: Oui vraiment loll! Pour ma première tournée, j’ai été initié d’aplomb! J’ai eu beaucoup de plaisir avec Tiger Jackson et les Prisonniers. On a fait des visites aux enfants malades dans les hopitaux, c’était de la bonne publicité.

Peu après, Serge Proulx avait commencé une fédération qui faisait une tournée au Québec et c’est à ce moment que j’ai embarqué avec lui pour faire les HeartBreakers. Ensuite je suis allé un ici et là, à Drummondville entre autre.

Éric: Par la suite j’ai connu Coco, Jacques Comtois, pour faire les 100 Limites et j’ai fait la tournée avec Jacques Rougeau.

Mr D: La fameuse tournée provinciale de Jacques Rougeau, Tony Mulé et Cookie Lazarus de 1995? Ce fut mon premier spectacle de lutte indépendante, à Rouyn-Noranda, en Abitibi. C’est la seule fois que j’ai vu de la lutte avec mon père. J’avais 14 ans. Peux tu nous en dire quelques mots?

Éric: Oui, ça a été une belle petite tournée avec Coco (Jacques Comtois) et j’aurais aimé qu’elle dure plus longtemps, mais c’est dur de remplir des arénas et que ce soit profitable. Nous avons eu beaucoup de matchs que les gars disaient très bons et appréciés. C’était quelque chose de lutter avec Hercules (le Loup Garou), les Doormens, Richard Charland et mon ami Nelson le Trappeur Veilleux. Ce sont de très beaux souvenirs. Même Abdullah est venu!

Mr D: 100 Limites avaient un look de skaters. Étiez vous des adeptes du rouli-roulant?

Éric: Jacques et moi pratiquions nos moves en skateboard lolll! Mais on était pas vraiment des skaters, on passait des après-midi dans les rue dans le coin que Jacques habitait pour être bons durant la tournée.

On nous voit ici avec Jonathan Drapeau de Wrestle Rock Podcast!

(J’ai retrouvé ceci dans l’entrevue que j’avais fait avec Jaques Comtois en juin 2023!)

100 Limites EXPLOSE! Les anciens partenaires ne peuvent plus se sentir!
La rivalité est si intense qu’on a besoin d’un deuxième vidéo pour voir la conclusion de cette bagarre endiablée!

Mr D: Que s’est-il passé après la tournée?

Éric: Ça a commencé à a stagner avec Rougeau; il me promettait que j’aurais ma chance à la WCW et rien ne se passait. Un soir, sa soeur Johanne m’a approché pour me demander si je pouvais aller à Toronto pour la WWF. Quand Jacques l’a appris, il a demandé à Serge le Prisionner de m’appeler pour me dire je n’étais plus sur la carte au Centre Molson.

Mr D: Pour le gros gala en avril 1997 mettant en vedette des lutteurs québécois, des vedettes de la WCW et la finale opposant Hulk Hogan à Jacques Rougeau? Ça a dû être une amère déception!

Éric: J’aurais aimé qu’il me contacte pour en discuter, mais c’est la vie. A ce moment là mon père a appelé Carlos Colon et Larry (Abdullah the Butcher) à Puerto Rico pour me faire booker là-bas. Donc Abby m’a pris sous son aile, c’est rough comme endroit. J’étais avec Val Venis, Big Vito et D’Lo Brown.

Mr D: Peux tu nous parler de ce que tu as vécu là bas? Les dangers, la foule, l’exotisme… Si tu as des histoires avec Val, D’Lo, Abby ou Colon. As tu aimé le style de lutte la bas? Ça semble brutal et old school vu d’ici.

Éric: Oui c’est très dépaysant. Ca commence alors que Carlos vient me chercher à l’aéroport et m’a conduit au condo où vivaient Val et D’Lo. On était 4-5 dans ce condo; moi qui n’avais jamais voyagé j’étais très excité. On travaillait environ aux deux jours, donc on pouvait visiter, aller au gym, à la plage…

Les soirs de lutte c’était rough, des fois on entendait des coups de feu. Il y a des place où c’est l’armée qui patrouille et non la police. La lutte est vraiment comme dans le bon vieux temps, c’est-à-dire qu’on ne voit pas nos adversaire avant le match; tout est callé dans le ring.

Par chance, mon père m’a montré l’art de caller l’action directement dans le ring et à travailler beaucoup avec l’arbitre, mais il y a aussi la barrière de langage. A Puerto Rico, quand le heel fait bien sa job, oufff! Les verres et les bouteilles volent vers le ring ça peut être dangereux.

Val a commencé à me dire qu’on lui devait 2 mois de paye et que nous allions être expulsé du condo, car les autres gars n’avaient pas leur paye non plus. J’ai été chanceux, car Abby avait averti Carlos de prendre soin de moi pour la paye, donc j’étais ok.

Mr D: Donc tu as quitté la ICW sous la recommandation de ton père, lutter un peu partout avant d’aboutir chez Jacques puis c’est peu après que tu es allé à la WWF. Je me souviens de t’avoir vu dans le tournoi poids légers, est ce que c’était pour ça l’appel de Johanne Rougeau?

Éric: Oui. Après avoir parlé à Johanne, mon père a contacté Jim Cornette et c’est là que j’ai eu mon tryout au bureau chef de la WWF. Je suis decendu avec Martin Roy (Judas), un très bon chum. Nous avons passé 4 jours avec les entraineurs Bruce Prichard et Man O War Aldo Montoya.

Environ une semaine après mon retour à la maison, Jim Cornette a appelé mon père pour lui dire que « Éric passed with flying colors », donc pas longtemp après j’ai eu mon appel pour aller à Monday Night Raw à Edmonton pour lutter contre Brian Christopher en direct à la télévision.

Mon père était fier, car ils ne m’ont pas mis dans un Dark Match. Ils avaient assez confiance pour faire lutter à la télé. J’étais super content! Suite à cela la WWF ont organisé le tournoi pour couronner un champion light heavy weight et j’ai lutté contre Scott Taylor. Après le tournoi, la division n’a pas attiré comme ils envisageaient et j’ai dû retourner à la lutte indy en attendant.

Mr D: Je viens de le trouver le match. Je me souvenais que je t’avais vu à Rouyn Noranda et que j’étais vraiment content de te revoir à la télé deux ans plus tard. Tu devais être super stressé. Étais tu content de ton match?

Éric: Oui j’ai aimé, mais oui très stressant. Avant le match je faisait des pompes pour mieux paraître à la télé, mais j’ai été un peu blow up (essoufflé), mais en général oui j’ai été satisfait.

Mr D: Comment c’était pour toi cette journée là? Un rêve devenu réalité? Tu étais dans le vestiaire avec tous les gars qui sont légendaires aujourd’hui.

Éric: Oui c’était magique, sincèrement. Même Stone Cold m’a dit « Hi kid! » J’étais habitué à voir des grandes vedettes avec mon père, mais là de les voir, moi seul dans le dressing room, cetais spécial.

C’est tellement énervant qu’avant que la soirée commence ils te font voir un docteur pour vérifier ta pression et un petit check up général. Je me souviens pour le Monday Night Raw j’étais en arrière et là je vois tous les lutteurs se boucher les oreilles. Je ne comprenais pas pourquoi, mais dès que la pyrotechnie est partie j’ai sauté d’aplomb loll!

Après j’ai compris lolll! Vite comme ça il y avait Vader qui m’a impressionné en vrai. Je me souviens aussi qu’il y avait Steve Blackman, Ken Shamrock, Undertaker, Shawn Michaels et toute cette belle gang là.

Mr D: 1997 c’est mon année préférée pour la lutte. J’avais 16 ans et je trippais sur Owen et la Hart Foundation! Vader je me suis fait poser avec à la TOW de Marc Blondin et JF Kelly… Quel monstre! Une vraie armoire à glace! Malheureusement, le rêve ne dure que 2 combats et puis plus rien? La WWF n’a jamais poussé la division Cruiserweight alors que la WCW le faisait si bien. Penses tu, avec du recule, que tu aurais eu plus de chance de percer à la WCW?

Éric: Oui probablement, mais quand je suis retourné sur le circuit indépendant, à la NCW par exemple, c’est vraiment là que j’ai amélioré mes moves comme le springboard moonsault ect. Après environ deux ans, quand je pensais être prêt à a refaire un essaie à la WCW, je me suis sérieusement blessé à un genou.

Mr D: Peux tu nous raconter comment c’est arrivé cette blessure au genou?

Éric: Un soir, contre Marc le Grizzly, j’ai voulu faire un front flip de l’extérieur vers l’intérieur, par-dessus Marc (à la place d’un sunset flip) et quand j’ai retombé à l’intérieur, j’ai senti mon genou plier vers l’interieur. Je n’ai pas été capable de me relevé, donc Marc a fini le combat aussitôt en me frappant avec un objet illégal pour le « Go home ». C’est à ce moment que j’ai affaibli mon genou. Je croyais que ça aurait guéri, mais non il a toujours été sensible par la suite.

Mr D: Combien de temps ça t’a arrêté?

Éric: J’en suis jamais revenu complètement. Je luttais aussi à la FLQ et à la RWR pour les frères Fields (les Dragons). J’ai été champion contre Kevin Martel, on a eu des très beaux matchs ensemble. Même chose contre Comtois et Martin Roy.

Après cette blessure, j’ai pris une pause. J’ai toujours été portier dans les clubs, et peu de temps après j’ai eu ma fille Meghan. Je suis retourné à l’ecole en 2003 et je suis devenu dessinateur. J’ai travaillé dans un bureau d’ingénieurs pendant 5 ans et par la suite je me suis ouvert mon propre bureau d’études de sol.

Le seul moment que je suis retourné dans un ring c’était pour Steve Sauvé à Valleyfield pour entrainer les gars avec mon père. La piqûre m’a reprogné et j’ai fait un retour. Mais dès mon premier come back, j’ai sauté par-dessus le 3e câble pour revenir sur le top et faire mon moon sault… PAFFFF! Mon genou a replié vers l’intérieur encore une fois et ça a été la vraie fin de ma carierre lolll!

Mr D: Et le dernier retour, tu dirais que c’est autour de quand?

Éric: Je dirais autour de 2015-2016. C’était pour commencer une école de lutte avec mon père, mais il n’y avait pas assez d’élèves sérieux, donc ça a tombé à l’eau. Aujoud’hui, les élèves pense souvent tout savoir et ne veulent pas mettre les efforts nécessaire pour s’améliorer.

Mr D: Qu’est-ce que tu es devenu aujourd’hui en 2026? Tu as toujours ton bureau d’étude du sol? Est-ce que la lutte a encore une place dans ta vie?

Éric: Aujourd’hui ça fait 16 ans que j’ai mon propre bureau, Concept Envirosol, et je suis fier de ce que j’ai bâti.

La lutte a encore une place dans ma vie, mais moins qu’avant. Je la regarde de temps en temps pour voir les nouveaux, mais je l’avais mise de côté pendant longtemps.

Ce dont je m’ennuie le plus, c’étais vraiment de donner mon savoir à d’autres, de donner des cours. J’adorais surtout faire ça avec mon père; il y a tellement de petits secrets dans l’art de la lutte qui se sont perdus au fil des ans, car il n’y a plus de lutteurs de l’ancienne génération pour entrainer de la bonne manière. J’ai toujours rêvé de gagner à la loto et d’ouvrir une Académie de lutte professionelle pour aider les jeunes. On va continuer à espérer lolll!

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